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22/08/2006
Fred Vargas Dans les bois éternels
Les vacances de future khâgneuse riment avec « liste de 2000 bouquins à lire dans chaque matière ». MAIS comme dirait l’autre : merde à la fin. Donc adieu Corneille et autre Rimbaud. Vive le naturel, vive la lecture pour la lecture, vive le plaisir pur. D’où : vive le nouveau Vargas. On sursaute, on rit, on se délecte des jeux de mots fins, on est mené en bateau, et c’est toujours un plaisir de retrouver ses personnages tous plus originaux les uns que les autres. Je ne vous livre pas de pitch, pas de critique, juste un extrait assez révélateur de son écriture… n’hésitez pas à vous délecter !
Situation du passage : dans les débuts du livre, le commissaire Adamsberg découvre qu’on a ouvert une sépulture, mais aucune trace de violation n’est visible, ce qui laisse tout le monde perplexe. Fatiguée, le lieutenant Retancourt décide de se reposer un peu.
-Elle va dormir un peu, expliqua le commissaire au Nouveau. Elle est la seule de la Brigade à savoir faire cela, à s’endormir debout. Elle nous a expliqué un jour la manière de faire, et tout le monde s’y est mis. Mercadet a presque réussi. Mais au moment de s’endormir, il est tombé.
-Cela me paraît normal, chuchota Veyrenc. Elle ne tombe pas ?
-Justement non. Et aller constater, elle dort vraiment. Vous pouvez parler à voix haute. Rien ne la réveille, si elle en a décidé ainsi.
-C’est une question de conversion, expliqua Danglard. Elle convertit son énergie en ce qu’elle veut.
-Ce qui ne nous donne pas la clef du système, ajouta Adamsberg.
-Si cela se trouve, ils ont tout simplement pissé dessus, suggéra Justin, qui s’était assis à côté du commissaire.
-Sur Retancourt ?
-Sur la tombe, merde.
-C’est beaucoup de travail et beaucoup d’argent, juste pour pisser.
-Oui, pardon. Je parlais au hasard, pour me délasser.
-Je ne vous le reproche pas, Voisenet.
-Justin, corrigea Justin.
-Je ne vous le reproche pas Justin.
-Cela ne me délasse pas beaucoup d’ailleurs.
-Il n’y a que deux choses qui délassent vraiment. Rire, ou faire l’amour. Nous ne sommes en train de faire ni l’un, ni l’autre.
-J’avais remarqué.
-Et dormir ? demanda Veyrenc, ça ne délasse pas ?
-Non, lieutenant, ça repose. Ce n’est pas pareil.15:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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